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Extrait de " La danse africaine phénomène de mode ? " par Babette

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Babette

 

 
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Sommaire
 
INTRODUCTION  
I LES DANSES EN AFRIQUE  
  1.1 L'art en Afrique  
  1.2 Les caractéristiques des danses Africaines  
  1.3 Les aspects des danses en Afrique  
  1.4 Les pratiques des danses en Afrique  
  1.5 Les enseignements en Afrique la transmission orale  
  1.6 Les rapports entre les danses et les rythmes en Afrique  
II LES DANSES D'AFRIQUE FACE A L'OCCIDENT  
  2.1 La découverte de l'art africain  
  2.2 Le phénomène migratoire des danses d'Afrique vers l'occident  
  2.3 Les conséquences de l'arrivée des danses d'Afrique  
III VERTUS ET BENEFICES DES DANSES D'AFRIQUE  
  3.1 La danse perçue par l'occident  
  3.2 La danse et ses effets multiples  
  3.3 La danse et ses fonctions plurielles  
  3.4 Les particularites des danses d'Afrique  
CONCLUSION  
BIBLIOGRAPHIE  

II LES DANSES D'AFRIQUE FACE A L'OCCIDENT


2. 1 LA DECOUVERTE DE L'ART AFRICAIN


A partir du XV siècle les navigateurs Portugais explorent l'Afrique et l'Europe et découvrent peu à peu l'art africain.

Au siècle suivant, commence l'époque des traitants. Toutes les grandes puissances maritimes viennent avec leurs flottes marchandes commercer avec les peuples sur la côte africaine. Ces navigateurs arrivent accompagnés de missionnaires chrétiens qui veulent convertir ces peuples autochtones qualifiés de barbares.

Au XIX siècle les explorateurs vont s'élancer à la découverte de l'intérieur du continent et ses terres inconnues.
Ils sont pour la plupart géographes. La publication de leurs relations de voyages à leur retour en Europe va susciter le développement d'une science nouvelle l'ethnologie, spécialisée dans l'étude des peuples du monde entier et de leurs civilisations.

Pendant la période de colonisation, les grandes puissances européennes vont envoyer leurs colonnes militaires, ils prétendent que les Africains sont des primitifs. " aussi est-t'il justifié d'aller chez eux leur enseigner… la civilisation ".
La colonisation a marqué avant tout une rupture.
La société traditionnelle en fut bouleversée sur tous les plans.En effet dans les pays colonisés par les Français, L'implantation de l'école française et du français comme langue officielle perturba le mécanisme de l'enseignement traditionnel.


Seules les écoles coraniques continuèrent à fonctionner.
Toutes les structures traditionnelles furent brisées. Les cadres religieux devinrent suspects, les rites et les objets de culte furent qualifiés de sataniques.

Les voies établies de transmission des connaissances et des idées se trouvèrent obstruées. L'utilisation des tambours dits " parlants " ou " messagers " fut formellement interdite.

La véritable rencontre de l'art africain avec l'Europe se fait au XX siècle.

Les artistes Européens sont les premiers à reconnaître d'une part autant de valeurs humanistes chez les artistes africains, d'autre part la richesse, la variété, la vitalité qui rayonne dans cet art.
Ils y trouvent une nouvelle source d'inspiration et même un style nouveau.


Enfin l'art africain va être regardé autrement, il n'est plus question de beauté, de laideur, mais bien d'une émotion directe, d'une manifestation spontanée.

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2. 2 LE PHENOMENE MIGRATOIRE DES DANSES D'AFRIQUE VERS L'OCCIDENT

Depuis un demi-siècle le courant Africain se dessine plus précisement et s'insinue jusqu'à l'explosion actuelle des années 90.Ce courant concerne autant les musiques africaines que les danses d'Afrique.

Un premier courant se fait jour avec les indépendances des années 50/60 des différents pays d'Afrique comme le GHANA, le TOGO, la MAURITANIE, le SENEGAL, la SIERRE LEONE, la COTE D'IVOIRE, le CONGO, le MALI, la HAUTE VOLTA, le BURKINA FASO, le NIGER, le TCHAD, la REPUBLIQUE CENTRAFRIQUE, le ZAIRE,l'OUGANDA, le RWANDA, le BURUNDI, la GUINEE.

Les premiers ballets nationaux furent créés le plus souvent dans les capitales ( Ballet KOTEBA, Ballet DJOLIBA, Ballet ADZIOKO, Ballet KOKUMA Ballet Africain de GUINEE de KEITA FODEBA).
Les meilleurs danseurs et danseuses, percussionnistes issus des villages et régions reculés furent sélectionnés.
Ils furent formés à la dure école des ballets Nationaux et préparés à devenir de grands artistes complets.
Habitués aux cérémonies populaires, ils devinrent par la force des choses, des professionnels aguerris qui durent adapter leur jeu à la chorégraphie et à la mise en scène des ballets.

Ces ballets nationaux africains de l'axe MALI BAMAKO, BURKINA BOBO DIOULASSO, COTE D'IVOIRE BOUAKI, ABIDJAN font le tour des grandes villes en Occident et ont beaucoup contribué à diffuser une image des danses de l'Afrique.
On assiste à une évolution dans les pays européens, ANGLETERRE, ALLEMAGNE, SUISSE, HOLLANDE, DANEMARK, ITALIE, AUTRICHEet FRANCE.


L'ouverture des frontières et une politique favorable aux échanges internationaux ont favorisé une mouvance internationale qui fut une étape importante dans le phénomène de migration.( aux ETATS-UNISdans les principales grandes villes à forte densité de population noire, ATLANTA,WASHINGTON, LOS ANGELES, NEW-YORK,etc…, auCANADA, en AUSTRALIE, et au JAPON).


Un deuxième courant que l'on peut qualifier de mouvement artistique se propage en Europe notamment en France dans les années 70 sous l'impulsion d'intellectuels et de travailleurs immigrés Africains, issus des anciennes colonies francophones (GUINEE, SENEGAL, MALI, COTE D'IVOIRE, BENIN, TOGO, BURKINA FASO), et anglophones(GHANA, NIGERIA,AFRIQUE DU SUD).
En Allemagne, Hollande et Italie ce mouvement sera beaucoup plus diversifié du fait du peu de colonisation de ces pays en Afrique.


Ces jeunes Africains, venus en France notamment pour travailler ou faire des études, ont commencé à enseigner de façon totalement informelle et improvisée, à la suite de fêtes africaines qui ont beaucoup intéréssé les Français.
Ils ont été très vite sollicités pour donner des cours de danses et de percussions dans les cités universitaires et dans les facultés.


Le phénomène prenant une certaine ampleur, plusieurs artistes se sont installés en France et ont commencé à se faire un nom et même une renommée internationaledans les années 80.


Ces artistes africains mettent tout en œuvre :


- Pour rendre les danses de l'Afrique de la façon la plus authentique, accessibles à un public.
- Pour créer une expression artistique représentative de l'afrique afin de révéler au public son réel visage et faire disparaître l'idée de pître et de bamboula.
- Pour développer un travail de recherche, un travail d'échange, un travail d'enrichissement
- Pour attirer l'attention sur les menaces de disparité qui pèsent sur les traditions populaires en Afrique.
- Pour impulser des cellules de recherches qui auraient pour mission la collecte, l'archivage. Les peuples africains n'ont pas de tradition écrite telle que l'ont les asiatiques ou les occidentaux, il n'existe pas d'ouvrage ancien.
- Force et de constater la quasi inexistence de travaux dans le domaine des arts et de la culture, tout reste à faire. Jusqu'ici les investigations et les travaux sur les danses d'Afrique portent essentiellement sur l'aspect symbolique, initiatique et spirituel. La dimension technique ou structurelle est rarement prise en compte.

Ces artistes sont entre autre :

TIDJANI CISSE

Il a choisi d'abandonner la carrière juridique à laquelle le destinaient ses brillants diplômes universitaires pour danser ; il dirige les Grands Ballets d'Afrique à Paris depuis 1976.
Arrivé en France de sa GUINEE natale il savait danser, il possédait assez de matière pour composer un ballet, il savait transmettre aux autres
Dans les ballets de CISSE le corps de tout le ballet et le corps de chaque individu deviennent un corps univers, projeté dans le cosmos, en étroite communion avec la vie de la faune, de la flote des étoiles, des montagnes. Un corps infini, sans limite.

KOFFI KOKO

Béninois, initié aux rites animiste dès l'enfance, il apprend à danser pour les ancêtres et les divinités.Sa gestuelle générée par une tradition orale, écrit la mémoire et la projette dans le monde contemporain.
Il travaille à New-york pendant plusieurs années avec Katherine Dunham et Alvin Ailey, puis s'installe à Paris.


ELSA WOLLIASTON

Elle quitte son Kenya natal à 16 ans pour l'Angleterre, puis les Etats-Unis avant de s'installer en France en 1969. Elle a été formée aux danses rituelles par un maître-batteur Nigérien du nom de BABATUNJ OLANTIYI. Elle suscite de la part des danseurs amateurs qui la découvrent un enthousiasme fervent. Elle propose un travail très intériorisé, approfondi. Elle prend de la danse africaine l'essentiel, l'épure et le transmet.-

GERMAINE ACOGNY

Elle est née au Bénin, à dix ans elle se retrouve à Dakar au Sénégal. En 1962 elle s'installe en France, en 1968 elle fonde son premier studio. Son travail prend racine dans les traditions populaires.Elle travaille pendant plusieurs années avec Maurice Béjart et fonde l'école Mudra Afrique.

IRENE TASSEMBEDO

Elle quitte le Burkina faso pour enseigner en France.
Son approche consiste à essayer de dégager la quintessence de ce qu'elle sait des traditions africaines et par un métissage de faire quelque chose d'original et qui reste africain.

ALPHONSE TIEROU

Ancien élève de l'institut National des arts d'Abidjan en Côte d'Ivoire, il quittte son pays natal pour fonder en 1979 à Nîmes l'école BLOA NAM ou il enseigne actuellement.
Il représente à l'UNESCO en 1988 la Grande danse africaine et débute en 1993 une série de conférences à travers le monde.
Il est vis président du collectif des enseignants de la danse africaine et d'expression africaine en europe et reconnu danseur chorégraphe par le Ministère Français de l'éducation Nationale, celui de la Culture et de la Communication pour l'enseignement de la danse à l'école.

GEORGES MONBOYE

C'est en Côte d'Ivoire, son pays natal qu'il apprend les danses traditionnelles au sein de son village, lors des différentes cérémonie d'initiation.
En 1992 il fonde sa propre compagnie à Paris dans le but de créer une expression artistique représentative de l'Afrique

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2.3 LES CONSEQUENCES DE L'ARRIVEE DES DANSES D'AFRIQUE

UN ENCRAGE


L'idée des danses d'Afrique est une réalité.

Le chemin parcouru est bien là.
Elles ont leurs propres histoires, leurs propres cultures, leurs propres personnalités, leurs courants, leurs conflits, leurs rivalités.
Elles ont trouvé leurs marques d'abord en Afrique puis en Occident et ensuite à travers le Monde.

Elles sont en train de devenir un véritable concept, bien plus qu'un phénomène de mode,
Elles perdurent et s'incrivent dans l'histoire culturelle et artistique des peuples, pour devenir un patrimoine mondial en plein mouvement et en pleine évolution.

Qui aurait pu dire au début du sciècle que la rencontre des Noirs d'Afrique et des blancs d'Europe, tous immigrés en Amérique du Nord allait donner le " jazz " ?.
Aujourd'hui il est devenu un courant musical international majeur qui dispose de multiples facettes.
Qui peut dire ce que deviendra demain cette grande idée de danse africaine ?.

UNE EVOLUTION

Les danses d'Afrique connaissent un bel essor en Occident notamment en France.

Une reconnaissance des danses d'Afrique est réelle.
Elles ont trouvé leurs personnalités propres, leurs identités, leurs places vis à vis des autres formes d'expression artistique.
Elles se voient élever au rang qui leur est du.


Des rencontres et des échanges culturels multiples (Colloques, festivals, concerts , rencontres chorégraphiques) sont organisés.


Des lieux de diffusion de spectacles s'impliquent dans la présentation d'un programme unique de danses d'Afrique, qui montre la beauté, les contradictions,l'héritage et les inventions de la créativité africaine.

Les cours se multiplient sur le continent au fil des années.


Des milliers de personnes pratiquent (il est par contre difficile de cerner cette évolution des chiffres).


Les lieux de pratique sont très variés, aussi bien dans les écoles, les centres de formation, que les centres d'animation socio-culturelle.


Il existe un monde professionnel de la danse africaine et des formations. Un certificat d'aptitude élémentaire à l'enseignement est crée dans les années 70.
En 1994, un collectif d'artistes et d'enseignants se met en place. La Fédération Européenne interprofessionnelle de danse africaine est fondée. Un diplôme d'enseignement fédéral est instauré, ouvert non seulement aux africains enseignants en France et en Europe mais aussi aux enseignants occidentaux.

UNE MUTATION


Au gré des mouvements et des déplacements de populations, les danses traditionnelles africaines ont subi de nombreuses transformations car par définition, la tradition est en perpétuel mouvement même si les changements prennent quelquefois le temps de plusieurs générations.
La danse d'une façon plus générale colle à l'histoire des hommes et à leurs pérégrinations.


C'est au gré des rencontres dues aux guerres, au commerce, aux mille et une raisons de l'histoire que les danses ont intégré les différentes influences auxquelles elles étaient soumises.


A partir du moment où la danse est sortie du village, elle est montée sur la scène, elle s'est mise en représentation.


Son propos est devenu une forme, une plastique avec une pluralité esthétique. Elle s'est aussi vidée de son contenu historique et symbolique.

Son propos a ainsi changé fondamentalement. Sortie de son contexte la danse du village a subi une véritable mutation influencée par les nécessités de la chorégraphie, de la mise en scène mais aussi au gré de toutes les rencontres artistiques et humaines.

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