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Extrait de " La danse africaine phénomène de mode ? " par Babette

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Babette

 

 
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Sommaire
 
 INTRODUCTION  
 I LES DANSES EN AFRIQUE  
  1.1 L'art en Afrique  
  1.2 Les caractéristiques des danses Africaines  
  1.3 Les aspects des danses en Afrique  
  1.4 Les pratiques des danses en Afrique  
  1.5 Les enseignements en Afrique la transmission orale  
  1.6 Les rapports entre les danses et les rythmes en Afrique  
 II LES DANSES D'AFRIQUE FACE A L'OCCIDENT  
  2.1 La découverte de l'art africain  
  2.2 Le phénomène migratoire des danses d'Afrique vers l'occident  
  2.3 Les conséquences de l'arrivée des danses d'Afrique  
 III VERTUS ET BENEFICES DES DANSES D'AFRIQUE  
  3.1 La danse perçue par l'occident  
  3.2 La danse et ses effets multiples  
  3.3 La danse et ses fonctions plurielles  
  3.4 Les particularites des danses d'Afrique  
 CONCLUSION  
 BIBLIOGRAPHIE  

 

III VERTUS ET BENEFICES DES DANSES D'AFRIQUE


Différents éléments cités dans les chapitres précédents donnent quelques pistes qui peuvent être utilisées afin de démontrer que l'idée de danses d'Afrique est une réalité et non plus un phénomène de mode.

J'entends par le phénomène de mode : l'événement à caractère exceptionnel qui reste passager suivant le goût des personnes dans le temps, dans un milieu, dans une époque.

J'ai choisi de démontrer la permanence de cet intérêt pour les danses d'Afrique,(les cours se multiplient ainsi que les personnes qui pratiquent) en m'attachant aux vertus de cette discipline et aux bénéfices qu'elles apportent aux individus à différents niveaux..

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3.1 LA DANSE PERCUE PAR L'OCCIDENT

Le XX siècle a été dominé par le culte de la danse classique.

Par contre le début du XX siècle a en revanche été l'époque de la " révolution " dans les arts.
La recherche d'horizons différents et de sources d'inspirations différentes était dans tous les esprits créateurs.

Il est possible que cet état d'esprit ait été inspiré des conquêtes territoriales extra-européennes et africaines qui ont permis de mieux connaître les cultures de ces pays.

La danse du XX siècle marque une rennaissance. L'homme veut retrouver la nature, prendre la mesure des choses par rapport à lui.


L'évolution en Occident se fait depuis ISADORA DUCAN.
Isadora Ducan (1877-1927) est née à San Francisco. Elle prend très tôt des cours de danse académique, seule voie à l'époque pour devenir danseuse professionnelle et respectable.
Elle commence très rapidement à développer ses propres principes sur l'art de la danse.
En 1904, elle crée une école : l'école de GRUNEWALD à Berlin.
En 1914, elle travaille à Paris.

Pendant 40 ans de sa vie, elle s'est dévouée toute entière à sa vision de la danse du futur.Elle développe sa propre technique : l'expression libre en retournant aux sources, le mouvement doit jaillir de l'intérieur.
Elle essaie de partager sa philosophie de l'art de la danse avec les plus grandes personnalités artistiques de son temps, en Allemagne,en France et en Russie.

MARTHA GRAHAM illustre aussi un attachement à la culture afro-américaine.
Elle réintroduit l'importance des percusssions dans la danse.

Le travail chorégraphique de KATHERINE DUNHAM dans les année 1960 en France fut largement inspiré par sa formation d'anthropologue.

Les ballets de sa compagnie s'inspiraient des rituels de danses traditionnelles.

Elle utilise ce qu'elle a appris à Cuba, à Haïti, en Jamaïque, au Brésil et aux Etats-Unis.
Elle a dû créer une nouvelle technique de danse comprenant de multiples mouvements et usages du corps qui n'existaient pas dans la danse occidentale.
Elle retrouve les racines de la danse dans le rythme et l'énergie de la " pulsion ".
Un travail basé sur les appuis au sol, l'écoute du tambour.
Le danseur se retrouve habité par le mouvement.
C'est à K. DUNHAM que l'on doit l'élargissement du vocabulaire gestuel de la danse moderne.


Dans l'ensemble le XX siècle de la danse occidentale redécouvre les lignes de force de la danse traditionnelle africaine.
Il importe de rappeler que Blues, Jazz, Rock and Roll, Charleston, Fox-Trot, Samba, Reggae, Salsa, Claquettes, Rumba, Disco et autres danses ou musiques de ce siècle sont presque toutes issues de la danse africaine.

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3.2 LA DANSE ET SES EFFETS MULTIPLES

L'être humain danse depuis le commencement de son histoire, à toutes les époques et dans toutes les cultures.
Considérée comme le plus ancien de tous les arts, il faut admettre qu'il s'agit d'une activité qui produit des effets et un équilibre entre les différents niveaux qui constituent l'être humain.
Elle se révèle comme un outil particulièrement indiqué pour établir une articulation harmonieuse entre eux.

Le niveau physique est le premier à bénéficier des effets dynamisants de la danse.
Elle fait bouger les corps. Elle engage une réelle dépense musculaire.

Au niveau physiologique, elle entretien les articulations du coeur, la circulation du sang, l'oxygénation et le massage des organes.
Elle a des effets stimulants et relaxants.

Au niveau social, elle s'effectue en groupe et crée des échanges interindividuels.

Au niveau mental, elle vise autre chose qu'un simple défoulement anarchique pour faire fonctionner la tête : apprentissage, mémorisation, création de formes, intégration des règles, concentration, maîtrise, contrôle...

Au niveau psychique, elle constitue pour le sujet qui danse un langage par lequel il peut en exprimant ses émotions et ses désirs aboutir à une création qui lui est propre.
Une fois ces critères remplis, on voit qu'elle est suceptible de produire des effets de prévention et même de guérison (soin des troubles psychiques et psychosomatiques).

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3.3 LA DANSE ET SES FONCTIONS PLURIELLES

La danse unit ce qui est d'intérêt commun et ce qui est d'intérêt individuel.
Elle est une discipline à caractère global.
Elle a une place prépondérante liée à un mode de vie centré sur le corps.


Elle joue un rôle important dans l'épanouissement et le développement de la personne(la structuration).


La danse conduit à un apprentissage de l'écoute de soi.


Elle est un support à la prise de conscience de l'image du corps et de ses changements.
D'après Françoise DOLTO " l'image du corps s'élabore et se structure par le contact perpétuellement renouvelé avec le monde extérieur, elle constitue à chaque instant une synthèse vivante de nos expériences émotionnelles, répétitivement vécues à travers les sensations érogènes électives archaïques ou actuelles de notre corps ".


La danse va permettre d'oublier toutes les habitudes corporelles acquises durant sa vie, pour retrouver le geste pur provenant des profondeurs de sa véritable nature.


Une coordination de l'activité motrice de base ainsi qu'une ouverture, une exploration d'une plus large panoplie gestuelle donne une possibilité accrue d'expressivité des affects.
En effet un bien être du danseur emmerge, à travers la danse il peut éveiller, libérer,abstraire, donner forme aux sentiments et à la pensée.


Les mouvements étant liés à des émotions, ils les éveillent ou les expriment et ainsi constituent un trait d'union entre le dehors et le dedans.
La danse représente alors une activité privilégiée de réunification harmonieuse de deux versants de l'être humain : le corps et l'esprit, de renforcement de l'unité de soi et de prise de conscience de ses propres limites.


Le langage corporel permet aussi de canaliser les pulsions, de réguler les énergies motrices.


La créativité, la spontanéité, le relâchement, l'impulsion stimulent différents comportements qui naissent et se développent. Il se crée un processus actif de l'être qui participe de tout son corps vers un dépassement de soi.


Une maîtrise assortie d'une confiance en soi acquise se profile et permet à la personne de vaincre sa peur de ne pas savoir, sa peur du jugement, sa peur du regard de l'autre.

Dolto F. " l'image inconsciente du corps "

Elle joue aussi un rôle de médiateur à la socialisation.


La danse est un moyen pour l'individu d'entrer en relation avec l'environnement ou les autres.


Les mouvements, investis d'émotions, deviennent compréhensibles aux autres même s'ils conservent un air de bizarrerie dans la forme.


Tout notre vêcu, toute notre histoire et celle de notre culture, le milieu social dans lequel nous vivons déterminent la façon de vivre notre corps.
Le plaisir de la danse libère de toutes contraintes morales, sociales ou religieuses.


Les relations à soi même, envers l'autre et envers le groupe sont générées.
Pratiquée en groupe la danse facilite la communication.


La danse est une source d'intégration sociale qui permet la reconnaissance de l'autre, l'acceptation de ses différences.
La reconnaissance d'une identité se voit partagé par le groupe.

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3.4 LES PARTICULARITES DES DANSES D'AFRIQUE

Il est clair que les danses d'Afrique ne sont pas exportables sous leurs formes originales dans les pays occidentaux.
Il est difficile de cerner les danses d'Afrique, elles recouvrent à elles seules une pluralité de sens, une diversité de concepts et une variété de signifiés.

De multiples appelations se sont faites jour. On ne peut pas uniformiser tous les courants de cet art et les faire entrer dans un moule. On peut tenter de trouver un dénominateur commun.

Pour simplifier, on peut regrouper sous le terme de danse d'expression africaine, les danses d'Afrique transmises, enseignées, dansées hors de leurs contextes originels.


La danse d'expression africaine présente à l'évidence des particularités qui lui donnent d'emblée de puissants atouts qui expliquent cette permanence de pratique.

Des effets de transformations

La danse d'expression africaine s'efforce d'offrir à l'homme la grande réconciliation de la tête et du corps, de la pensée et de l'instinct, par la libération du geste et l'abandon au rythme.

En d'autres termes, elle constitue une démarche qui conduit l'homme au plus profond de lui- même, au plus profond de son être, à la découverte de ses qualités latentes, à l'épanouissement de sa personnalité, à la fois sur le plan physique, intellectuel, social, thérapeutique et spirituel.

Au -delà d'un apprentissage, d'une technique, d'une danse mécanique nombrilique c'est un état d'esprit.

C'est une danse qui nécessite un investissement véritable, une initiation qui mène à la connaissance de soi.

Ceux qui la pratiquent, sentent des changements dans leurs corps, une aide à leur fonctionnement et à leur équilibre.

Elle met en communication avec les éléments cosmiques.
C'est un langage immédiatement compréhensible, universel. En se l'appropriant la personne capte son énergie puissante, sa force, sa sève, ce flux vital qui permet de nous dépasser.


Des réponses aux attentes des participants

Elle s'adresse à un public varié : danseurs, acteurs, artistes en général mais aussi hommes d'affaires, mères de famille... toutes personnes engagées ou non dans une activité professionnelle et désireuses de trouver " un loisir intelligent ".


Ces danses collectives sont dynamisantes, toujours à caractère festif, ludique, enthousiaste, jubilatoire. Leurs succés témoignent de la permanence du goût de la fête et du jeu.
Tout y est immédiatement abordable et réalisable.
Il n'y a pas de tension, on s'installe confortablement sur le rythme, on joue avec les claquements de mains, on " fait comme " un guerrier, un chef de tribu, un pêcheur.


Ces danses ont un fort pouvoir de dépaysement et d'évocation poétique.


Ces danses, au delà du diverstissement, reflètent à leurs manières des modes de vie, des langages sociaux.

Elles répondent à cette quête des personnes dont la revendication est basée sur l'existence, la reconnaissance corporelle.

En effet à partir des années 1970, le corporel explose. Il se développe un véritable souci du corps. Il devient un phénomène majeur de société.

Ce mouvement prend ses appuis dans les années 1968 " révolution hédoniste ", de nouveaux styles de vie se développent, de nouveaux comportements naissent.
Le loisir prend de l'importance non seulement parce que les congés payés sont plus longs, mais parceque dans la tête des gens, le temps de non-travail devient le temps fort de la vie.

C'est une nouvelle philosophie qui se profile.
Le corps devient de plus en plus ludique, s'expanse dans les pratiques d'expressions.
L'époque du physique et du corps anatomo-physiologique a fait son temps.
On se concentre sur soi, sur ce que l'on ressent.
Le corps devient langage, un moyen de libération, une condition nécessaire à son identité.


L'étude anthropologique des danses des sociétés traditionnelles fait apparâitre ses vertus de guérison dans le cas de soin par le danse thérapie.
Michel Lris, Claude Levi-Strauss et bien d'autres, de plus en plus nombreux ont compris et montré l'intérêt du chamanisme et de la transe pour soigner.
Les dialogues entre psychanalistes et ethnoloques amènent à trouver de nouveaux outils qui vont contribuer à la restrusturation et à la resocialisation des malades.


Des outils pédadogiques

Cette danse je l'ai déjà mentionnée, s'énracine dans les couches les plus profondes de l'être.

Les traits de ces danses qui sont en même temps des outils pédagogiques, permettent de mieux comprendre les effets bénéfiques sur la personne.
Ils sont :
a) l'importance du groupe
b) la puissance du rythme
c) le rapport à la terre
d) la simplicité des gestes et des mouvements
e) la répétition, l'improvisation

a) Elle donne l'habitude de danser ensemble, d'échanger. Les barrières techniques étant absentes, on peut très vite s'intégrer, affirmer son individualité par rapport aux autres.
On peut développer le sens de la communauté, du groupe, on apprend à aller vers autrui, et laisser l'autre venir à soi.


b) On ne peut dissocier la danse du tambour. Il faut comprendre le rythme pour entrer en communication avec lui. C'est lui qui donne toutes les indications, les changements de pas. Le danseur entre dans la musique, le musicien sent dans quel état est le danseur. Le tambour, dont le son est si proche de la pulsation cardiaque, réactive l'élan vital en réactualisant le bain sonore originaire, le battement du coeur maternel perçu par le foetus.Il réveille le rythme pulsionnel interne.

c) Dans la pratique, le début du travail du danseur consiste à prendre le rythme dans les pieds et marcher en cadence. Donc le rythme de la percussion est repris dans les pieds qui martèlent le sol. Trouver cette pulsation de base, c'est faire l'expérience du plaisir de se sentir relié à la terre, le corps s'enracine et le mouvement prend sa forme.

d) La simplicité des mouvements, immédiatement abordables même pour des non danseurs, permet de les capter facilement, sans trop d'effort ni de réflexion. Le danseur peut les transformer, les épurer, leur donner toute leur ampleur et le sens qu'il veut et ainsi découvrir qu'il savait danser mais ne savait pas qu'il le savait.

e) Tous les mouvements, très rythmés, sont longuement répétés et scandés. La répétition conduit à l'ivresse, à l'enthousiasme et même parfois à la transe. Le danseur qui répète ses mouvements, sent croître à la fois leur force, l'intensité de son engagement, la détente que procure cette relaxation dynamique, et la maîtrise de son exécution, tout ceci s'effectuant dans un espace de confort indispensable. Il est invité à aller toujours plus loin jusqu'au bout du mouvement, donc prendre conscience de sa vitalité. Ainsi il repousse les limites de son corps. Ce plaisir consolide et développe le shéma corporel, il redonne au sujet la disponibilité et la mobilité, l'aisance et la fluidité de son corps.Il s'agit alors d'accéder à un corps libre.Cet effet d'enthousiasme, l'improvisation, permet au danseur d'accéder à une nouvelle dimension.

Résonance des situations archaïques

La danse d'expresssion africaine donne le moyen de revenir aux méthodes traditionnelles à efficacité symbolique sans s'aliéner dans des croyances.

Elle permet d'accéder à ce sentiment exaltant de se sentir animé et fort parce que relié au cosmos, au groupe, à l'héritage primitif,ancestral.

Elle nous relie à notre héritage génétique et archaïque.

Le dispositif danse et rythme est un moyen de recréer les conditions d'un vêcu sécurisant qui constitue un substrat essentiel ( la chaleur et le confort de la première relation à la mère) .
En effet le rythme et tout particulièrement celui de la percussion est un facteur important car il réactive l'empreinte sensorielle archaïque de l'époque où l'enfant entendait le duo des deux coeurs, le sien et celui de sa mère.

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